ÉPIPHANIE DIFFRACTÉ
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ÉPIPHANIE DIFFRACTÉ

Le Baptiste a eu un rôle-clé historique dans la révélation épiphanique du Messie sauveur : si Jésus n’avait pas d’abord été disciple de Jean, il n’aurait pas été manifesté à Israël. Mais, après coup, comment saisir le sens de l’inversion paradoxale entre l’ancien maître rétrogradé au rang de simple précurseur et l’ancien disciple promu Maître d’éternité pour ses propres disciples ?

En Jésus qui, au nom d’Israël, endosse le péché du monde sous les eaux du Jourdain, se révèle l’accomplissement de la figure prophétique du Serviteur annoncée par Isaïe. Dans son abaissement se joue le passage décisif de l’ancienne à la nouvelle Alliance. L’Évangile peut alors nous dire que Dieu-même intervient : les cieux s’ouvrent, l’Esprit descend reposer sur Jésus et la voix du Père proclame qu’il est bel et bien le Fils-Serviteur.

La véritable épiphanie du Seigneur se joue à Pâques : dans la puissance de la résurrection et sous l’ombre de l’Esprit, les cieux se sont définitivement ouverts tandis que le Père affirmait qu’est établi « Seigneur et Christ » (cf. Ac 2, 36b Rm 1, 3-4) cet homme nouveau qui, depuis vingt siècles et dans le monde entier, fait le bien et guérit tous les pécheurs. Le baptême de Jean, ainsi assumé par le Christ, ouvre au sacrement du Baptême : le passage par la mort et la résurrection de Jésus donne accès au don de l’Esprit Saint du Père.

P.Antoine Baron

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